CVA et risque de contrepartie
Objectifs pédagogiques
- Savoir quantifier le risque de contrepartie appliqué aux transactions de marché
- Maîtriser les techniques de CVA
- Savoir couvrir ces risques de contrepartie
Programme détaillé
Le contexte de CVA 2h
- Contraintes réglementaires
- Gestion du risque de contrepartie
- Implication de la CVA dans le pricing de produits de marché
Risque de contrepartie 2h
- Expositions, probabilités de défaut, Recovery et LGD
- Environnement règlementaire
Quantifier l’exposition de crédit 2h
- Méthodes de calcul, applications
- L’impact du netting
- Effets de portefeuille
Dérivés de crédit 2h
- CDS: introduction, pricing, CDS basis
- Estimation des probabilités de défaut
- Produits sur indice, structurés de crédit
- Wrong-way risk
CVA 2h
- Principe et calcul
- Effets de portefeuille
- CVA bilatérale, DVA
- CVA et wrong-way risk
Couverture du risque de contrepartie 2h
- Composantes du risque
- Couverture statique: CDS, CCDS
- Couverture dynamique
- Couverture du DVA
- Cross-terms et wrong-way risks
Chaque point du programme est illustré par un TP Excel 2h
Public visé
Toute personne évoluant dans le domaine financier souhaitant progresser sur le risque de contrepartie : consultants, risk managers, opérateurs front et middle office…
Prérequis
Bien maitriser les dérivés de taux et leur évaluation (formation Dérivés de taux 1) et avoir une connaissance minimale du risque de contrepartie.
Approche pédagogique
CVA et DVA : pourquoi le risque de contrepartie a un prix
La valeur « sans risque » d’un dérivé suppose que les deux parties honoreront leurs engagements jusqu’à l’échéance. La CVA (Credit Valuation Adjustment) corrige cette valeur de la perte attendue en cas de défaut de la contrepartie ; la DVA (Debit Valuation Adjustment) en est le symétrique, pour le défaut de l’établissement lui-même. Ces ajustements sont passés en quelques années de la marge des modèles au cœur des comptes et des fonds propres.
Deux tiers des pertes sans aucun défaut
En juin 2011, le Comité de Bâle en résume la raison : pendant la crise financière, environ deux tiers des pertes attribuées au risque de contrepartie provenaient de variations de CVA, et un tiers seulement de défauts effectifs. Une contrepartie dont la qualité de crédit se dégrade fait perdre de la valeur au contrat, bien avant tout défaut. Bâle III introduit en décembre 2010 une exigence de fonds propres au titre de la CVA, appliquée dans l’Union européenne depuis le 1er janvier 2014 (règlement CRR), avec des exemptions notamment pour les souverains, les régimes de retraite et les entreprises non financières sous le seuil de compensation obligatoire. Un cadre révisé, finalisé par le Comité de Bâle en juillet 2020, s’applique dans l’Union depuis le 1er janvier 2025.
Le paradoxe de la DVA
La norme comptable IFRS 13, applicable depuis 2013, impose de tenir compte du risque de crédit propre dans la juste valeur des passifs, ce que la pratique appelle DVA. Conséquence déroutante : une banque dont la qualité de crédit se dégrade enregistre un gain. Au troisième trimestre 2011, Morgan Stanley comptabilise ainsi 3,4 milliards de dollars de gains de cette nature, JPMorgan et Citigroup 1,9 milliard chacune, Bank of America 1,7 milliard. Ces gains ne sont réalisables qu’en faisant défaut : les régulateurs les neutralisent dans le calcul des fonds propres.
Netting, collatéral et wrong-way risk
L’exposition à couvrir dépend des accords de compensation (netting), qui permettent de solder les contrats entre deux parties, et des garanties échangées. Le cas le plus redouté est le wrong-way risk, quand l’exposition augmente précisément lorsque la contrepartie s’affaiblit : une protection de crédit achetée auprès d’un vendeur dont la santé dépend du même risque n’en est pas vraiment une. D’autres ajustements se sont ajoutés depuis sous le nom générique de XVA, comme la FVA, liée au coût de financement, pour laquelle JPMorgan passe une charge de 1,5 milliard de dollars au quatrième trimestre 2013 : ils dépassent le périmètre de la formation, centré sur la CVA et la DVA. Les mécanismes de compensation et de marge sont présentés dans Fondamentaux des produits dérivés.