Risk management 1 : les fondamentaux de la gestion des risques
Objectifs pédagogiques
- Maîtriser les mesures de risques en banque et en asset management
- Mesurer sur données réelles les volatilité et Value-at-Risk
Programme détaillé
Les différents risques 5h
- Risque de marché
- Risque de crédit
- Risque opérationnel
- Risque climatique
Les mesures pour le risque de marché 6h
- Le bêta
- La volatilité
- La VaR
Les mesures pour le risque de crédit 3h
- L’Asymptotic Single Risk Factor
- La CreditVaR
Public visé
Toute personne évoluant dans le domaine financier souhaitant progresser sur la compréhension des risques en finance et leur mesure
Prérequis
Notions de statistiques de base et maîtrise d’Excel
Approche pédagogique
Le modèle ASRF : d'où vient la formule des fonds propres bâlois
Lorsqu’une banque calcule ses exigences de fonds propres pour le risque de crédit selon l’approche « notations internes » (IRB) des accords de Bâle, elle applique une formule dont l’origine est souvent méconnue. Cette formule repose sur un modèle précis : l’Asymptotic Single Risk Factor (ASRF).
Un facteur commun, une infinité de petites expositions
L’idée remonte aux travaux d’Oldřich Vasicek à la fin des années 1980, qui transposent au crédit le modèle structurel de Merton. Un emprunteur fait défaut si la valeur de ses actifs passe sous un seuil ; cette valeur dépend d’un facteur systématique unique, l’état de l’économie, et d’un facteur propre à l’emprunteur. Si le portefeuille est infiniment granulaire (une multitude de petites expositions, d’où le terme asymptotique), les risques individuels se compensent et seule subsiste la sensibilité au facteur commun. La distribution des pertes du portefeuille s’obtient alors par une formule fermée.
Pourquoi le régulateur l’a retenu
En 2003, Michael Gordy montre que ce cadre est le seul dans lequel la contribution d’un crédit au capital ne dépend que de ses propres caractéristiques, et non du reste du portefeuille. C’est exactement la propriété dont un régulateur a besoin pour une règle commune à toutes les banques : chaque exposition reçoit une charge calculée à partir de sa probabilité de défaut (PD), de sa perte en cas de défaut (LGD) et de sa maturité. Bâle II (2004) en fait le cœur de l’approche IRB, en retenant une perte au quantile 99,9 % à un an et une corrélation au facteur commun fixée par le régulateur, comprise entre 12 % et 24 % pour les entreprises selon leur PD.
Des limites assumées
Par construction, le modèle ignore le risque de concentration (un portefeuille réel n’est jamais infiniment granulaire) et résume l’économie à un facteur unique. C’est pourquoi les banques doivent évaluer par ailleurs les risques qu’il ne capture pas, et pourquoi les modèles internes de CreditVaR recourent souvent à plusieurs facteurs. La finalisation de Bâle III, applicable dans l’Union européenne depuis le 1er janvier 2025 (règlement CRR3), conserve cette formule tout en encadrant davantage l’usage des modèles internes.