Analyse économique de l'emploi et du marché du travail
Objectifs pédagogiques
- Comprendre les principaux concepts et statistiques de l’emploi et du marché du travail en France.
- Connaître les bases de l’analyse économique du fonctionnement du marché du travail en lien avec les politiques de l’emploi.
Programme détaillé
Les principes fondamentaux de l’analyse économique du marché du travail et de l’emploi sont abordés de façon non formalisée. La formation a pour objectif d’établir des ponts entre les analyses théoriques, l’observation du marché du travail en France, et les politiques actuelles de l’emploi.
Emploi et marché du travail : un état des lieux 4h30
- Origine et définition des concepts de population active, d’emploi et de chômage. Indicateurs du repérage sur le marché du travail et sources statistiques
- Evolutions de l’activité, de l’emploi et du chômage en France
- Comparaison avec d’autres pays européens
- Etude de cas : le marché du travail pendant et depuis la crise sanitaire
L’analyse néo-classique du marché du travail : le modèle de base 1h30
- Les bases de la micro-économie du marché du travail (déterminants de l’offre et de la demande de travail, interaction entre offre et demande et équilibre du marché du travail)
Les prolongements de l’analyse néo-classique 2h
- Les grands principes de l’analyse (lien entre productivité et salaire, coût du travail, incitation) sont présentés au travers des diverses théories (prospection d’emploi, capital humain, discrimination, salaire d’efficience)
- Lien avec les politiques de l’emploi (incitation à l’activité, baisses des cotisations employeurs etc.)
Les approches macro-économiques de l’emploi et du chômage 2h
- Analyse keynésienne de l’emploi et du chômage
- Prolongements néo-keynésiens et néoclassiques et controverses
- Le modèle WS/PS de détermination des salaires et des prix et ses prolongements
- Politiques économiques et politiques de l’emploi
- La « flexisécurité », un compromis entre néo-classiques et néo-keynésiens ?
Les segmentations du marché du travail 2h
- Les analyses institutionnalistes du marché du travail : segmentations du marché du travail, institutions et conventions
- Focus sur le recrutement, la distribution des canaux d’embauche, le rôle des réseaux et des intermédiaires du marché du travail.
Public visé
Tous publics. Le cours bénéficiera principalement à des personnes qui souhaitent mieux connaître et comprendre le fonctionnement du marché du travail.
Prérequis
Aucun. Un intérêt pour les questions touchant à l’emploi et au chômage facilitera l’appréhension du cours.
Approche pédagogique
Calculés à partir de 6 avis recueillis depuis 23/05/2017, lors de 2 sessions de cette formation.
Chômage BIT ou demandeurs d'emploi : pourquoi deux chiffres du chômage
Chaque trimestre, deux chiffres du chômage sont publiés à quelques semaines d’intervalle, et ils racontent rarement la même histoire. Au deuxième trimestre 2026, l’Insee comptait environ 2,7 millions de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT), quand France Travail recensait environ 3,3 millions de demandeurs d’emploi en catégorie A. Aucun des deux n’est faux : ils ne mesurent pas la même chose.
Le chômage au sens du BIT, une définition internationale
La définition a été fixée en 1982 par la Conférence internationale des statisticiens du travail. Est chômeur une personne de 15 ans ou plus qui n’a pas travaillé, ne serait-ce qu’une heure, pendant une semaine donnée, qui est disponible pour travailler dans les deux semaines et qui a cherché activement un emploi au cours des quatre semaines précédentes (ou en a trouvé un qui commence dans moins de trois mois). En France, l’Insee la mesure par l’enquête Emploi, menée en continu depuis 2003 auprès des ménages. Le chiffre ne dépend d’aucune démarche administrative, ce qui le rend comparable d’un pays et d’une année à l’autre : 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026, Mayotte comprise.
Les demandeurs d’emploi, un chiffre administratif
Les demandeurs d’emploi sont les personnes inscrites à France Travail, nom de Pôle emploi depuis le 1er janvier 2024. Ils sont répartis en catégories : A pour ceux qui n’ont pas travaillé du tout dans le mois et sont tenus de chercher, B et C pour ceux qui ont exercé une activité réduite, D et E pour ceux qui ne sont pas tenus de chercher (formation, maladie, contrat aidé). Un inscrit peut ne pas être chômeur au sens du BIT, s’il n’a pas cherché activement ce mois-là, et un chômeur peut ne pas être inscrit, faute de droits à indemnisation. Surtout, le chiffre suit les règles d’inscription. Depuis le 1er janvier 2025, la loi pour le plein emploi inscrit automatiquement les allocataires du RSA et leurs conjoints, ainsi que les jeunes suivis par les missions locales : la catégorie A a bondi de 8,7 % au premier trimestre 2025, contre moins de 1 % hors nouveaux publics, et deux catégories, F et G, ont été créées. Pour lire une tendance, le chômage BIT reste la référence.
Le halo autour du chômage
Entre emploi et chômage, l’Insee isole un « halo » : des personnes sans emploi qui souhaitent travailler, mais ne sont pas immédiatement disponibles ou n’ont pas cherché activement. Elles étaient environ 1,9 million au deuxième trimestre 2026, soit 4,4 % des 15-64 ans. S’y ajoute le sous-emploi, principalement le temps partiel subi. La frontière du chômage est donc une convention statistique, et le taux de chômage n’est qu’un indicateur parmi d’autres, à lire avec le taux d’emploi.
Pour le suivi conjoncturel de l’emploi et du chômage, voir Analyse conjoncturelle du marché du travail.