Les principes de base de l'économie
Objectifs pédagogiques
- Maîtriser des concepts et mécanismes économiques fondamentaux
- Comprendre les grands courants contemporains de la pensée économique
- Mieux appréhender l’actualité économique
Programme détaillé
Les principes fondamentaux de la microéconomie et de la macroéconomie modernes sont abordés dans le but de mieux comprendre l’activité économique. On propose ainsi l’analyse des principales fonctions économiques (production, consommation, investissement, etc.) en lien avec les questions d’actualité. La logique de la politique économique, les conditions de son efficacité ainsi que les stratégies de répartition des revenus sont aussi étudiées. Les thèmes sont abordés progressivement en s’appuyant sur des exemples contemporains.
Les fondements de l’économie 3h
- Définition de l’économie
- Notions de comptabilité nationale (agrégats)
- Introduction aux principaux courants théoriques contemporains
Les fonctions économiques 3h
- La production
- Les facteurs de production
- La productivité
- Le progrès technique
- L’investissement
- La consommation
- L’épargne
Croissance et politiques économiques 6h
- La croissance économique
- L’inflation
- L’emploi et le chômage
- La politique budgétaire
- La politique monétaire
Public visé
Toutes les personnes chargées de mission sur des thématiques économiques, sociales ou politiques qui ont trait à la veille de l’actualité de marchés en particulier et de la vie économique et sociale plus généralement. Elles travaillent dans des administrations publiques centrales ou territoriales et bien entendu, des entreprises du secteur marchand ou de l’Economie sociale et solidaire…
Prérequis
Une culture générale permettant d’appréhender l’information économique telle qu’elle est transmise dans les principaux médias, notamment la presse écrite (elle permet en effet de rester actif dans la recherche d’information en laissant un certain recul critique et le plus objectif sur les évènements). La maîtrise de certaines notions comme les taux de variations et élasticités entre grandeurs économiques.
Approche pédagogique
Inflation et chômage : la courbe de Phillips, fil rouge de la macroéconomie
Peu de relations ont autant fait débattre les économistes que la courbe de Phillips, qui relie inflation et chômage. Son histoire résume l’évolution des grands courants de la macroéconomie depuis l’après-guerre, et elle revient dans l’actualité à chaque poussée d’inflation.
D’une régularité statistique à un « menu »
En 1958, l’économiste néo-zélandais Alban William Phillips, professeur à la London School of Economics, publie une étude portant sur le Royaume-Uni de 1861 à 1957 : plus le chômage est bas, plus les salaires nominaux augmentent vite. En 1960, Paul Samuelson et Robert Solow transposent la relation aux prix, sur données américaines, et la présentent comme un menu offert aux gouvernements : un peu plus d’inflation contre un peu moins de chômage. La politique économique d’inspiration keynésienne y trouve une boussole.
Friedman, Phelps et la stagflation
À la fin des années 1960, Milton Friedman et Edmund Phelps contestent, chacun de leur côté, la stabilité de ce menu. Si les salariés et les entreprises anticipent l’inflation, l’arbitrage n’est que temporaire : à long terme, le chômage revient vers un niveau « naturel », et vouloir le maintenir en dessous ne fait qu’accélérer la hausse des prix. Les années 1970 leur donnent raison : inflation et chômage montent ensemble, c’est la stagflation. Aux États-Unis, la hausse des prix atteint 11 % en 1974, et le chômage 8,5 % en moyenne en 1975. En 1976, Robert Lucas va plus loin : une relation estimée sur le passé n’a pas de raison de survivre à un changement de politique, puisque les agents adaptent leurs anticipations. De ces débats naissent la notion de NAIRU, le taux de chômage qui n’accélère pas l’inflation, et le choix, généralisé depuis, de confier la stabilité des prix à des banques centrales indépendantes.
Une courbe aplatie, puis réveillée
Dans les années 2010, le chômage baisse dans la plupart des pays avancés sans que l’inflation ne bouge : on parle d’aplatissement de la courbe, attribué notamment à des anticipations bien ancrées par la crédibilité des banques centrales. La poussée de 2021-2023 relance la discussion. En France, l’inflation atteint 6,3 % sur un an en février 2023, alors que le taux de chômage, à 7,1 %, est au plus bas depuis le début des années 1980 (hors période de confinement). La hausse des prix vient pourtant surtout de l’énergie et des goulets d’étranglement, bien plus que des salaires. Savoir quelle part revient à l’offre, à la demande et aux anticipations reste l’une des questions les plus débattues de la macroéconomie.
Pour approfondir le fonctionnement du marché du travail, voir Analyse économique de l’emploi et du marché du travail ; pour la lecture des indicateurs conjoncturels, Analyse conjoncturelle du marché du travail.