Cartographier ses données statistiques
Objectifs pédagogiques
- Produire des cartes thématiques avec un logiciel de cartographie pour explorer et valoriser ses données à composantes spatiales.
- Utiliser les variables visuelles adaptées. Acquérir les notions de la cartographie indispensables pour appréhender des méthodes d’analyses spatiales plus complexes.
Programme détaillé
La formation présente les principes de base indispensables à la représentation automatique de données sur un fond de carte. Les participants mettront en œuvre la chaîne de traitement nécessaire à la réalisation de cartes.
De l’information à la représentation cartographique 2h30
- Adapter les données (e.g. communales, départementales, régionales…) et les importer dans le logiciel
- Les informations géométriques : le fonds de carte
- Les informations statistiques : les données à représenter
- Faire la jointure entre les données et le fond de carte
Respecter la sémiologie graphique 1h
- Choisir le type de carte adapté
- Utiliser efficacement les variables visuelles
Créer une carte avec un logiciel de cartographie 1h30
- Appliquer les règles de la conception cartographique : Habiller et publier la carte : les éléments indispensables
- Exporter la carte au format adapté (image/vectoriel)
Utiliser des fonds de carte disponibles ou créer son fond de carte 1h
- Trouver un fond de carte adapté aux données à représenter
- Modifier un fond de carte existant
Public visé
Chargé d’étude désirant utiliser la cartographie pour visualiser des données spatiales (e.g. communales, départementales…) en respectant les règles de sémiologie graphique.
Prérequis
Aucun
Approche pédagogique
Calculés à partir de 10 avis recueillis depuis 04/12/2017, lors de 3 sessions de cette formation.
Carte choroplèthe ou cercles proportionnels : représenter un stock ou un ratio
Beaucoup d’erreurs de cartographie statistique tiennent à un seul choix, celui du type de carte. Une règle simple, issue de la sémiologie graphique, en évite l’essentiel : un stock se représente par des symboles proportionnels, un ratio par des aplats de couleur.
Deux familles nées au XIXe siècle
En 1826, le baron Charles Dupin publie une carte de France de l’instruction populaire, où chaque département est teinté d’autant plus sombre que la scolarisation y est faible. C’est la première carte « choroplèthe », c’est-à-dire en aplats, et elle installe pour longtemps l’image d’une France « obscure » opposée à une France « éclairée ». Quelques décennies plus tard, l’ingénieur Charles Joseph Minard dessine des « cartes figuratives » où des cercles ou des bandes d’épaisseur proportionnelle représentent des quantités : tonnages transportés, exportations, effectifs de l’armée napoléonienne pendant la campagne de Russie (1869). Jacques Bertin formalise en 1967, dans sa Sémiologie graphique, les règles qui distinguent ces deux familles.
Pourquoi un stock ne se met pas en aplats
Colorer les communes selon leur nombre d’habitants produit une carte où les communes rurales les plus étendues dominent visuellement, parce que l’œil lit une surface colorée comme une intensité. Un effectif (population, nombre d’entreprises, montant de dépenses) s’additionne : il se représente par un symbole dont la surface est proportionnelle à la valeur, placé au centre de chaque unité. Un ratio (taux de chômage, part des plus de 75 ans, densité) ne s’additionne pas et ne dépend pas de la taille de l’unité : il se représente en aplats, avec une gamme de couleurs ordonnée du clair au foncé. Les deux se combinent sur une même carte : la taille des cercles pour la population, leur couleur pour le taux.
La discrétisation change la carte
Une carte choroplèthe regroupe les valeurs en classes, et le découpage choisi modifie le message. Les quantiles placent autant d’unités dans chaque classe ; les intervalles égaux respectent les écarts entre valeurs ; la méthode des seuils naturels de George Jenks cherche les ruptures de la distribution. Avec les mêmes données, une région peut paraître homogène ou contrastée. Regarder la distribution de la variable avant de choisir, et indiquer la méthode retenue, fait partie de l’honnêteté d’une carte.
Ces règles valent quel que soit l’outil, de l’application en ligne Magrit, développée au CNRS, au package R mapsf ou au logiciel libre QGIS. Pour le choix du maillage territorial lui-même, voir Méthodes et outils du diagnostic territorial.