Techniques rédactionnelles pour les chargés d’études
Objectifs pédagogiques
- Améliorer ses écrits professionnels statistiques destinés à un lectorat non exclusivement spécialiste.
- Faire passer ses messages en rendant ses publications mieux structurées, plus lisibles et faciles à mémoriser
Programme détaillé
Les techniques rédactionnelles sont issues des écoles de journalisme. La formation les présente et aide à les mettre en œuvre dans le cadre d’écrits professionnels. Elle vise en particulier les écrits qui comportent des statistiques. Les exposés des techniques sont illustrés d’exemples. De nombreux exercices d’application sont proposés aux stagiaires. Les textes qu’ils ont eux-mêmes écrits serviront de support.
La structure d’un texte ou comment ordonner ses idées avant d’écrire 4h30
- Se mettre à la place du lecteur : qui est le lectorat cible, comment lisent la plupart des lecteurs et comment écrire en conséquence (les lois de proximité)
- Comment organiser son texte : le choix d’une problématique et la hiérarchisation des résultats (le message essentiel et le plan en pyramide inversée)
La lisibilité des phrases ou comment adopter un « style » plus vivant 5h
- Repérer et éliminer les obstacles à la compréhension
- Adopter un style moins abstrait et plus actif
- Éviter l’abus de chiffres
- Premières versions et réécritures
L’habillage du texte ou comment attirer le lecteur 1h
- Titre, chapeau, attaque, chute, intertitres, encadrés
Graphiques, tableaux et commentaires 1h30
- Les fonctions des graphiques et des tableaux
- Faire un graphique : les pièges à éviter
- Commenter un tableau et un graphique de manière utile
Atelier 6h
Les textes que les stagiaires ont écrits serviront de supports aux travaux de réécriture. Les stagiaires devront envoyer leurs articles (si possible en cours de rédaction, sinon déjà publiés) à l’ENSAE-ENSAI Formation continue au moins une semaine avant le début de la formation.
Public visé
La formation s’adresse aux chargés d’études statistiques et à ceux de leurs encadrants qui devront relire leurs publications. Il est en effet capital que toute la chaîne de relecture connaisse et applique les techniques rédactionnelles.
Les publications abordées au cours de la formation sont de type « 4 pages », comme Insee première. Néanmoins, les rédacteurs d’articles longs pourront tirer profit de la formation.
N. B. : la formation ne s’adresse pas aux personnes qui utilisent un diaporama pour diffuser leurs résultats statistiques. La formation aux techniques de communication orale sera sans doute plus appropriée à leurs besoins. Elle comprend un module sur ce que doit contenir un diaporama.
Prérequis
La formation n’a d’intérêt que si elle est délivrée à des personnes qui se sont déjà essayées à la rédaction de publications à contenu statistique. Un(e) chargé(e) d’études nouvellement en poste en retirera beaucoup moins de bénéfice.
Approche pédagogique
Calculés à partir de 68 avis recueillis depuis 24/06/2016, lors de 10 sessions de cette formation.
La pyramide inversée : écrire une étude statistique comme une dépêche
Une publication statistique de quatre pages est souvent lue en moins d’une minute : le titre, le chapeau, un graphique, parfois le premier paragraphe. La pyramide inversée, héritée du journalisme, consiste à écrire pour ce lecteur pressé : l’essentiel d’abord, les détails ensuite, de sorte que l’on puisse couper le texte par le bas sans en perdre le message.
Une règle née du télégraphe ?
Le récit le plus répandu la fait naître pendant la guerre de Sécession : les correspondants, qui craignaient de voir la ligne télégraphique coupée, auraient pris l’habitude d’envoyer l’essentiel en premier. On cite souvent la dépêche du secrétaire à la Guerre Edwin Stanton annonçant l’assassinat de Lincoln, en avril 1865, qui commence par le fait et non par le récit de la soirée. En dépouillant la presse américaine, le chercheur allemand Horst Pöttker a montré que la forme ne se généralise qu’à la fin du XIXe siècle. Sa diffusion tient moins à la technique qu’au lecteur : une presse devenue populaire devait se faire comprendre vite, par un public pressé et non spécialiste. C’est exactement la situation d’une publication statistique destinée au grand public.
Écrire dans l’ordre du lecteur, pas de la recherche
Le réflexe du chargé d’études suit l’ordre de son travail : contexte, sources, méthode, résultats, et enfin ce qu’il faut en retenir. Le lecteur, lui, veut d’abord le résultat. Appliquée à une étude, la pyramide inversée demande de choisir un message essentiel, formulable en une phrase, de le placer dans le titre et le chapeau, puis de présenter les autres résultats par importance décroissante, la méthode et les définitions allant en encadré. Le titre dit ce qui a été trouvé (« Le nombre de X a doublé en dix ans ») plutôt que ce qui a été étudié (« L’évolution du nombre de X »). C’est la discipline des collections de type « 4 pages », comme Insee Première.
Les chiffres, premier obstacle à la lecture
Un paragraphe qui aligne cinq pourcentages oblige le lecteur à faire le tri à la place du rédacteur. Un chiffre par idée, comparé à un repère (« deux fois plus qu’en 2015 », « un salarié sur cinq ») et commenté, en dit plus qu’une énumération ; le reste a sa place dans un tableau ou un graphique. En décembre 2009, le Courrier des statistiques a réuni dans un numéro hors-série ses articles sur l’écriture des études, sous un titre qui résume cette tension propre au métier : « Savoir compter, savoir conter ».
Pour présenter ses résultats à l’oral, voir Techniques de communication orale.