Techniques de communication orale
Objectifs pédagogiques
- Connaître et expérimenter les vecteurs de la communication orale : attitudes, gestes et voix
- Savoir comment construire un exposé professionnel efficace (la définition de l’efficacité sera abordée pendant la session)
- Comprendre l’utilité d’un diaporama et mettre en œuvre sa réalisation afin de transformer cet outil en un réel allié de vos présentations.
Programme détaillé
Les participants élaborent, avec le formateur, des grilles de lecture d’un exposé, à la fois sur sa forme et sur son contenu. Ils utilisent ces grilles pour analyser leurs deux interventions, un sujet libre et un sujet professionnel, qui sont filmées.
Cette formation mobilise fortement les stagiaires, qui progressent à la fois en se regardant faire mais aussi en analysant les exposés des autres participants.
Les vecteurs de la communication orale 1 journée
- Les attitudes
- Les gestes
- La voix
Les principes qui doivent sous-tendre un exposé 1 journée
- Une pensée organisée
- Une structure visible
- Un discours illustré, répété, adapté à son public
- Le bon usage des diaporamas
- Mise en application (intervention filmée)
Atelier (1 journée) : au cours de la 3e journée de la formation, les participants sont mis en situation d’exposé professionnel et mettent en application les règles qui président à une bonne prestation orale, à la fois sur la forme et sur le fond.
Public visé
Les chargé(e)s d’études statistiques sont la cible principale de la formation. Plus généralement, toutes celles et ceux qui ont à présenter des résultats statistiques à un public non spécialiste en tireront bénéfice.
Prérequis
Avoir suivi la formation aux Techniques rédactionnelles ou en maîtriser le contenu est vivement conseillé.
Approche pédagogique
Communication orale : le mythe des 7-38-55 de Mehrabian
« 7 % pour les mots, 38 % pour la voix, 55 % pour le langage corporel » : la règle circule dans d’innombrables formations à la prise de parole. Elle vient de deux expériences de 1967 qui ne disent pas cela, et leur auteur, le psychologue américain Albert Mehrabian, l’a lui-même rappelé : sans expression de sentiments ou d’attitudes, écrit-il, « ces équations ne s’appliquent pas ».
Ce que mesuraient les expériences
Dans la première (Mehrabian et Wiener), les participants écoutaient des mots isolés, comme « merci » ou « brute », prononcés sur un ton positif, neutre ou négatif, et devaient deviner l’attitude de la personne qui parlait. Dans la seconde (Mehrabian et Ferris), on leur montrait en plus la photographie d’un visage. Quand le mot, le ton et l’expression se contredisaient, le ton et le visage l’emportaient. Mehrabian a combiné ces résultats en une formule dans Silent Messages (1971), en précisant qu’elle ne vaut que pour l’expression de sentiments et d’attitudes, et seulement quand les canaux sont incohérents. Elle ne dit rien d’un exposé de vingt minutes sur l’évolution du chômage : si les mots ne comptaient que pour 7 %, on comprendrait une conférence donnée dans une langue inconnue.
Ce qu’il en reste pour un exposé
L’enseignement utile est ailleurs : un auditoire perçoit les incohérences. Un message rassurant dit d’une voix tendue, ou un résultat annoncé comme « important » en lisant ses notes, perd de sa crédibilité. Attitudes, gestes et voix ne remplacent pas le contenu ; ils peuvent le servir ou le contredire. C’est ce que les interventions filmées permettent de constater sur soi, et ce que l’analyse des exposés des autres participants rend visible.
Le diaporama, un canal de plus à mettre en cohérence
En 2003, la commission d’enquête sur la perte de la navette Columbia a reproché à la Nasa l’usage « endémique » des diapositives à la place de véritables notes techniques. Edward Tufte a analysé l’une d’elles, produite par Boeing : son titre, « Review of Test Data Indicates Conservatism for Tile Penetration », rassurait, tandis que la réserve décisive (les essais portaient sur des débris des centaines de fois plus petits que celui qui avait frappé l’aile) était reléguée dans une puce de dernier niveau. Même leçon que pour la voix : ce que l’on montre et ce que l’on dit doivent porter le même message.
Pour construire ce message à l’écrit, voir Techniques rédactionnelles pour les chargés d’études.