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Les indices de prix : construction et utilisation

MéTHODES STATISTIQUES 2 jours (12 h) Initiation 1 140 € HT
Les indices de prix : construction et utilisation

Objectifs pédagogiques

  • Définir une formule d’ajustement de prix pertinente
  • Comprendre les spécificités des différents indices utilisés
  • Calculer un ajustement de prix

Programme détaillé

Les ajustements de prix 1h

Les différents types d’indices 5h

  • Notions de base sur les indices
  • Les indices de prix à la production
  • Exercice pratique : Construction d’un indice de prix
  • Les indices de coûts : l’exemple des index BT-TP

Les indices publiés par l’Insee 2h

  • Recensement
  • Utilisation des nomenclatures
  • Navigation sur le site insee.fr

Travaux pratiques 4h

  • Définition et application de formules d’ajustement par équipe
  • Applications aux marchés suivis par les participants

Public visé

Acheteurs, en particulier ceux du secteur public

Prérequis

Maîtrise d’Excel (ou équivalent en logiciel libre)

Approche pédagogique

Moyens pédagogiques
Exposé théorique de concepts Démonstration Expérimentation Applications pratiques sur ordinateur Étude de cas concrets Échanges sur les pratiques et expériences des participants Temps de questions / réponses Exercices, quiz, etc.
Méthodes pédagogiques
Méthode expositive Méthode démonstrative Méthode interrogative

Révision de prix : ce que mesurent vraiment les index BT et TP

Dès qu’un marché s’exécute sur plusieurs mois, la question se pose : le prix fixé à la signature doit-il suivre l’évolution des coûts ? Une clause de révision y répond par une formule fondée sur des indices officiels. Le choix de ces indices et de la formule décide, en réalité, de qui supporte le risque de hausse ou de baisse : l’acheteur ou le titulaire.

Un index BT n’est pas le prix d’un bâtiment

Les index BT (bâtiment) et TP (travaux publics), calculés par le ministère de l’Équipement à partir de 1974 et par l’Insee depuis 2014, sont des index de coûts. Ils combinent l’évolution des salaires et charges, des matériaux, du matériel, de l’énergie, des transports et des frais divers, avec des pondérations propres à chaque corps d’état. Le BT01, « tous corps d’état », mesure ainsi ce que coûtent les facteurs de production d’une entreprise du bâtiment, et non le prix auquel elle vend ses ouvrages, qui dépend aussi de ses marges et de la concurrence. D’autres indices de l’Insee mesurent bien des prix : les indices de prix de production de l’industrie, ou l’indice du coût de la construction, dont l’Insee juge lui-même le nom « impropre » puisqu’il suit le prix des logements neufs. Pour un acheteur, la règle est de retenir l’indice le plus proche de la structure de coûts de la prestation, sans confondre ces familles.

La formule et ses pièges

La forme classique est P = P0 × (a + b × I/I0), avec a + b = 1 : P0 est le prix initial, I0 la valeur de l’indice à la date d’établissement de ce prix (le « mois zéro » des cahiers des charges), et a une partie fixe, non révisable. Longtemps imposée à au moins 12,5 %, elle n’est plus obligatoire depuis 2006, et les circulaires adressées aux services de l’État leur demandent désormais de ne pas en prévoir. Les difficultés pratiques tiennent surtout au calendrier : un index BT ou TP paraît environ deux mois et demi après le mois qu’il mesure, si bien que l’on facture souvent avant de connaître la valeur applicable. Elles tiennent aussi à la vie des indices : en janvier 2026, l’Insee a supprimé le BT12, créé le BT55 (isolation thermique par l’extérieur) et repondéré le BT01. Un indice supprimé ou rebasé en cours de marché oblige à recourir à un indice de remplacement, ou au coefficient de raccordement publié par l’Insee.

Des clauses mises à l’épreuve, en 2022 puis en 2026

En glissement annuel, le BT01 a progressé de 8,4 % en mai 2022 et le TP01 de 12,5 % en juin 2022 : les marchés conclus à prix ferme ou dotés de formules mal calibrées sont devenus intenables. Le Code de la commande publique impose pourtant une clause de révision dans les marchés de plus de trois mois exposés aux cours mondiaux des matières premières (article R2112-14). Après un avis du Conseil d’État du 15 septembre 2022 sur la modification des clauses de prix et l’indemnité d’imprévision, une circulaire du 29 septembre 2022 a fixé la conduite des acheteurs de l’État ; elle a été remplacée par une circulaire du 24 avril 2026, face à une nouvelle hausse des prix liée à la crise au Moyen-Orient. Le TP01 de juillet 2026, dernier publié à la mi-octobre, affiche de nouveau une hausse de 6,9 % sur un an, tirée par le gazole et le bitume.

Pour les mécanismes de l’inflation elle-même, voir Les principes de base de l’économie.