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Comprendre et utiliser les scénarios de transition énergie-climat pour contribuer à l’émergence d’un monde bas carbone

ÉCONOMIE Nouveau
ÉCONOMIE 2 jours (12 h) Tout public 1 140 € HT Nouveau
Prochaine session 1er et 2 mars 2027
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Objectifs pédagogiques

  • Se familiariser avec les scénarios de prospective énergie-climat, leur diversité et leurs usages.
  • Savoir interpréter et maîtriser les principaux indicateurs (PIB, prix du carbone, coût des technologies, etc.) sous-jacents à ces scénarios
  • Identifier et comprendre les implications socio-économiques de différents chemins de transition vers la neutralité carbone, à différentes échelles sectorielles et géographiques

Programme détaillé

La production de trajectoires de transition et d’atténuation du changement climatique par des modèles prospectifs énergie-économie-climat s’est considérablement accrue au cours des dernières années, comme l’atteste le nombre grandissant de scénarios d’atténuation recensés dans les bases de données du GIEC. Elle répond notamment aux besoins rencontrés par les gouvernements, collectivités territoriales et les entreprises depuis l’accord de Paris d’intégrer dans leur politique et stratégie l’objectif de neutralité carbone à atteindre dans la deuxième moitié du siècle. La circulation de ces scénarios dans les arènes de discussion nationales et internationales soulève néanmoins de nombreuses questions concernant leur contenu, leur cohérence et les visions sous-jacentes de la transition vers la neutralité bas carbone qu’ils proposent.

La première journée présentera le paysage de la modélisation prospective énergie-économie-climat, des méthodes de construction de scénarios et des principaux usages des scénarios technico-économiques. Elle se basera sur des illustrations concrètes. La deuxième journée sera consacrée à deux mises en situation, se basant notamment sur les scénarios globaux synthétisés dans le dernier rapport d’évaluation du GIEC.

Introduction à la démarche prospective énergie-climat 3h

  • Perspective historique de la démarche prospective énergie-climat
  • Modalités de construction des scénarios d’atténuation du changement climatique : types de scénarios d’atténuation, méthodes de production, paysage des modèles technico-économiques et intégrés

Les différents usages des scénarios énergie-climat 3h

  • Panorama de la diversité des producteurs de scénarios (p. ex. organisations internationales, gouvernements, entreprises, ONG, chercheurs) et des usages des scénarios dans les débats sur la transition bas carbone.
  • Cas d’étude : enjeux de financement de la transition, de sobriété, de mise en œuvre d’un mix énergétique 100% renouvelables

Analyse de la base de donnée des scénarios du 6e rapport du GIEC 3h

  • Prise en main de la base de donnée
  • Confrontation entre les Illustrative Pathways du 6e rapport du GIEC et d’autres scénarios reconnus (par ex. l’AIE (Net Zero), NGFS)

Mise en discussion et débat 3h

  • Construction de différentes visions de la transition vers la neutralité carbone en se basant sur les informations contenues dans les Illustrative Pathways du 6e rapport du GIEC
  • Retour d’expérience

Public visé

La formation est ouverte à des professionnels ayant un intérêt pour la modélisation prospective énergie-économie-climat, et souhaitant développer leur capacité à interpréter, discuter, et valoriser les scénarios dans l’exercice de leur fonction : Ingénieurs et cadres impliqués dans l’élaboration de stratégies bas carbone (secteurs public et privé), journalistes, experts et consultants en stratégies et politiques énergie-climat.

Prérequis

Culture mathématique et des enjeux énergétiques et environnementaux

Approche pédagogique

Moyens pédagogiques
Exposé théorique de concepts Démonstration Applications pratiques sur ordinateur Étude de cas concrets Échanges sur les pratiques et expériences des participants Temps de questions / réponses Exercices, quiz, etc.
Méthodes pédagogiques
Méthode expositive Méthode démonstrative Méthode active

Scénarios énergie-climat : pourquoi un scénario n'est pas une prévision

« Selon le GIEC, il faudra… » : la formule est courante, mais le GIEC ne produit pas lui-même de scénarios. Il rassemble, vérifie et classe ceux que publient des équipes de modélisation du monde entier. Savoir d’où viennent ces trajectoires, et ce qu’elles ne disent pas, est la première condition pour les utiliser sans contresens.

De World3 aux modèles d’évaluation intégrée

En 1972, The Limits to Growth, commandé par le Club de Rome et fondé sur le modèle World3 du MIT, explore ce que deviendrait le monde selon différentes hypothèses de croissance. Ses auteurs insistaient sur le fait qu’il ne s’agissait pas de prévisions ; le rapport a pourtant été lu comme une prophétie. Les années 1990 voient naître les modèles d’évaluation intégrée, qui couplent économie, système énergétique et climat : du très compact DICE de William Nordhaus (1992) aux grands modèles de l’IIASA, du PIK ou de l’agence néerlandaise PBL. Depuis 2017, ces équipes partagent cinq récits socio-économiques de référence, les SSP, qui fixent démographie, croissance et inégalités avant toute politique climatique.

Ce que contient la base du sixième rapport

Pour le volet « atténuation » du sixième rapport, publié le 4 avril 2022, l’IIASA a recueilli 3 131 scénarios ; environ 1 200, suffisamment documentés, ont été évalués sur le plan climatique et classés en huit catégories, de C1 (réchauffement limité à 1,5 °C avec une probabilité supérieure à 50 %, sans dépassement ou avec un dépassement limité) à C8 (au-delà de 4 °C). Le rapport en met en avant quelques-uns, les Illustrative Mitigation Pathways : forte réduction de la demande, renouvelables, développement durable, émissions négatives, renforcement graduel, plus deux trajectoires de référence fondées sur les politiques en place. Piège classique : cette base reflète ce que les équipes ont choisi de modéliser. Ce n’est pas un échantillon représentatif des futurs possibles, et la part des scénarios d’une catégorie ne dit rien de sa probabilité.

Exploratoire ou normatif

Deux scénarios compatibles avec 1,5 °C peuvent n’avoir presque rien en commun. Certains misent sur une baisse de la demande d’énergie, d’autres sur des retraits massifs de CO2 de l’atmosphère en seconde moitié de siècle, une dépendance que Kevin Anderson et Glen Peters ont critiquée dans Science dès 2016. Autre distinction décisive : un scénario exploratoire décrit où mènent des hypothèses données, quand un scénario normatif part d’un objectif et remonte le chemin. Le scénario « zéro émission nette » de l’Agence internationale de l’énergie (mai 2021, mis à jour en 2023) est normatif ; le World Energy Outlook 2025 le place à côté de scénarios exploratoires fondés sur les politiques actuelles. Les scénarios du NGFS, réseau de banques centrales et de superviseurs créé en décembre 2017 (dernière série de long terme : novembre 2024), servent quant à eux aux tests de résistance climatiques. Avant de citer un chiffre, il faut donc demander qui a produit le scénario, avec quel modèle, et pour quel usage.

Pour la démarche prospective dont les scénarios sont issus, voir Décider dans un monde incertain : prospective stratégique et planification par scénarios.