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Analyse et traitement des données manquantes

Prochaine session 16 et 17 sept. 2027
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Analyse et traitement des données manquantes

Objectifs pédagogiques

  • Visualiser un dispositif de données manquantes
  • Imputer un tableau incomplet
  • Modéliser avec des données manquantes
  • Mettre en œuvre des méthodes de traitement de données manquantes sous R.

Programme détaillé

Cette formation vise à comprendre et savoir mettre en œuvre sous R une méthodologie adaptée face à un tableau de données incomplet. Plus précisément, après avoir vu les dangers de stratégies simplistes comme la suppression d’individus ou l’imputation par la moyenne, savoir visualiser un dispositif de données manquantes puis visualiser par ACP ou ACM un tableau incomplet avant de l’imputer pour mettre en œuvre des méthodes statistiques comme la modélisation.

Typologie, visualisation et fondamentaux du traitement des données manquantes 6h

  • Introduction à la problématique
  • Manipulation des données manquantes avec R et dplyr
  • Typologie des données manquantes (MCAR, MAR, MNAR)
  • Visualisation du dispositif de données manquantes : packages naniar, vim, ggplot, visu avec une ACM
  • Traitement des données manquantes par des méthodes d’imputation simple

Travaux pratiques avec les packages R suivants : mice, missForest et missMDA

Techniques avancées de traitement des données manquantes 6h

  • Imputation de tableaux avec des variables qualitatives ou mixtes
  • Imputation multiple : enjeux, méthodes de génération de tableaux multiple, modélisation
  • Rapide discussion sur des méthodes spécifiques : échantillonnage, données temporelles

Travaux pratiques avec les packages R suivants : mice, Amelia, missForest et missMDA

Public visé

Data analysts, chargés d’études statistiques, data scientists

Prérequis

Connaissances de base en statistiques descriptives (formation Statistiques descriptives avec R), connaissances de base du logiciel R (formation R initiation)

Connaissances des méthodes d’analyse exploratoires des données (ACP, ACM), des méthodes de régression et de machine learning.

Approche pédagogique

Moyens pédagogiques
Exposé théorique de concepts Applications pratiques sur ordinateur Échanges sur les pratiques et expériences des participants Temps de questions / réponses
Méthodes pédagogiques
Méthode expositive Méthode active
Satisfaction globale
★★★★★ ★★★★★
4,7/5

Calculés à partir de 6 avis recueillis depuis 18/12/2025, lors de 2 sessions de cette formation.

Contenu
★★★★★ ★★★★★ 4,9/5
Durée et rythme
★★★★★ ★★★★★ 5,0/5
Formateur
★★★★★ ★★★★★ 5,0/5
Supports et ressources
★★★★★ ★★★★★ 4,7/5

Données manquantes : pourquoi supprimer les lignes incomplètes est rarement neutre

Face à un tableau incomplet, deux réflexes dominent : supprimer les individus qui ont au moins une valeur manquante, ce que font par défaut de nombreuses fonctions de modélisation comme lm() en R, ou remplacer chaque trou par la moyenne de la variable. Ces deux solutions ne sont sans danger que dans des cas particuliers, que la statistique a appris à nommer.

MCAR, MAR, MNAR : le cadre de Rubin

En 1976, Donald Rubin publie dans Biometrika un article qui fixe le vocabulaire encore employé aujourd’hui. Les données sont manquantes complètement au hasard (MCAR) si l’absence ne dépend de rien : un questionnaire égaré, un capteur en panne. Elles sont manquantes au hasard (MAR) si l’absence s’explique par des variables observées : les plus jeunes répondent moins souvent à une question sur leur revenu, mais, à âge égal, le fait de répondre ne dépend pas du revenu. Elles sont manquantes non au hasard (MNAR) quand l’absence dépend de la valeur manquante elle-même, par exemple si les hauts revenus taisent plus souvent leur revenu. Rubin montre que, sous l’hypothèse MAR et sous certaines conditions, on peut faire de l’inférence sans modéliser le mécanisme qui produit les valeurs manquantes, à condition d’exploiter toute l’information observée.

Ce que coûtent les solutions simples

Supprimer les lignes incomplètes n’est sans biais que si les données sont MCAR, hypothèse rarement plausible, et la perte d’effectif peut être considérable : avec vingt variables manquantes chacune à 5 %, indépendamment les unes des autres, il ne reste qu’environ 36 % de lignes complètes. L’imputation par la moyenne conserve toutes les lignes, mais elle écrase la variance de la variable et affaiblit ses corrélations avec les autres, puisque chaque valeur imputée est placée au centre de la distribution. Plus généralement, toute imputation simple traite les valeurs imputées comme si elles avaient été observées : les écarts-types et les intervalles de confiance calculés ensuite sont trop optimistes.

L’imputation multiple

Pour en tenir compte, Rubin a proposé l’imputation multiple, exposée dans un ouvrage de 1987 consacré à la non-réponse dans les enquêtes. On produit plusieurs tableaux complétés, dont les valeurs imputées sont tirées aléatoirement selon un modèle, on mène la même analyse sur chacun, puis on combine les résultats : la variabilité entre tableaux mesure l’incertitude due aux données manquantes, et les « règles de Rubin » l’ajoutent à la variance des estimations. En R, les packages de référence couvrent plusieurs familles de modèles d’imputation : équations chaînées (mice), modèle normal multivarié avec bootstrap (Amelia), forêts aléatoires (missForest), méthodes factorielles adaptées aux variables qualitatives et mixtes (missMDA). Avec mice, l’enchaînement tient en trois lignes :

library(mice)
imp <- mice(donnees, m = 20, seed = 123)   # 20 tableaux complétés
fits <- with(imp, lm(y ~ x1 + x2))         # même modèle sur chacun
summary(pool(fits))                        # combinaison par les règles de Rubin

Aucune méthode ne règle le cas MNAR sans hypothèse supplémentaire sur le mécanisme de non-réponse : on examine alors la sensibilité des conclusions à différentes hypothèses. Pour la non-réponse dans les enquêtes par sondage, traitée par repondération des répondants, voir Sondages 2 : méthodes de redressement.